Song Shuyun a tout : la richesse, Liu Gang, et l'enfant en bonne santé. Pourtant, il y a une froideur dans son regard quand elle tient la petite fille. À l'inverse, la douleur de Xu Qunfang est brute et authentique. Ce contraste de classes et de sentiments est le moteur de LES LIENS DU SANG. On ne peut pas détacher les yeux de l'écran.
Ce qui frappe dans cette vidéo, c'est la puissance du jeu silencieux. Quand Xu Qunfang regarde l'enfant dans le landau ou quand elle croise le regard de Song Shuyun, tout est dit sans un mot. La souffrance retenue est plus forte que les cris. LES LIENS DU SANG maîtrise l'art de la tension dramatique non verbale à la perfection.
Tout tourne autour de ce choix impossible entre deux nouveau-nés. Le rapport d'échographie cardiaque est l'élément déclencheur d'une tragédie grecque moderne. Voir la mère biologique s'éloigner en pleurant tandis que l'autre famille part en voiture est une image qui marque. Une histoire poignante racontée dans LES LIENS DU SANG.
La scène finale dans la luxueuse villa contraste violemment avec le début misérable. Xu Qunfang, autrefois pleine d'espoir, est maintenant réduite à servir. La petite fille est mignonne mais elle est le symbole d'une vie volée. L'ambiance de LES LIENS DU SANG devient étouffante à mesure que le luxe s'affiche.
On déteste Liu Gang dès son apparition avec sa valise et son air arrogant. Son rôle dans cet échange d'enfants est crucial et odieux. Il représente l'égoïsme masculin qui détruit des vies. Sa complicité avec Song Shuyun forme un duo redoutable contre la pauvre Xu Qunfang. Un méchant qu'on adore haïr dans LES LIENS DU SANG.