Ce qui frappe, c'est la précision des gestes. La petite fille ne joue pas, elle exécute. Son service est chirurgical. En face, l'adversaire tente d'imposer un rythme, mais elle se fait contrer avec une facilité déconcertante. Le ralenti sur l'impact de la balle contre le nez de la femme est d'une violence comique rare. Dans LA PETITE REINE DU PING-PONG, le sport n'est qu'un prétexte pour régler des comptes familiaux anciens.
Ce n'est pas seulement le match qui est captivant, ce sont les réactions autour. L'homme au bouc qui ferme les yeux de désespoir, le jeune en survêtement qui retient son souffle, et cet autre en costume qui écarquille les yeux. Chaque visage raconte une histoire parallèle. LA PETITE REINE DU PING-PONG réussit le pari de rendre le public aussi intéressant que les joueurs sur le terrain.
D'un côté, une adulte confiante, presque arrogante, avec son style moderne et ses accessoires de mode. De l'autre, une enfant sage, presque traditionnelle dans son apparence. Le choc des styles est inévitable. Quand la petite gagne, c'est toute une hiérarchie qui s'effondre. LA PETITE REINE DU PING-PONG utilise ce duel pour symboliser le renversement des pouvoirs au sein d'un clan traditionnel.
Même si on se doute de l'issue, la montée en puissance est incroyable. La petite fille commence doucement, teste son adversaire, puis frappe fort. Le moment où elle lève le bras pour servir est un signal d'alarme pour tout le monde. La chute de l'adversaire est la cerise sur le gâteau. LA PETITE REINE DU PING-PONG nous tient en haleine du premier service au dernier point marqué.
J'ai adoré le moment où la femme en chemise blanche se prend la balle en plein visage. C'est brutal, c'est soudain, et surtout, c'est mérité ! Son arrogance a été punie par la plus jeune des joueuses. La réaction de choc des spectateurs, notamment l'homme en costume noir, ajoute une couche dramatique hilarante. LA PETITE REINE DU PING-PONG ne fait pas dans la dentelle quand il s'agit de remettre les prétentieux à leur place.